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Rêver de chaussures en islam
النعل في المنام
En islam, la chaussure vue en rêve annonce souvent un voyage quand on marche avec elle, et désigne souvent l’épouse quand on la possède sans marcher. Le recueil d’Ibn Sirin distingue la sandale, na’l, et la bottine de cuir, khuff, qui protège des malheurs quand elle est neuve. Ibn Sirin a interprété des sandales perdues puis retrouvées comme un argent obtenu après la peine.
وسأل رجل ابن سيرين فقال رأيت نعلي قد ضلتا فوجدتهما بعد المشقة فقال تلتمس مالا ثم تجده بعد المشقةIbn Sirin a dit : « Un homme dit à Ibn Sirin : j’ai vu que mes sandales étaient perdues, puis je les ai retrouvées après bien des peines. Il répondit : tu cherches un argent, et tu le trouveras après la peine. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 29, tome 1, page 262
Le recueil traite les chaussures dans le chapitre des vêtements. Il les lie à trois choses : le voyage, quand on marche avec elles, l’épouse, quand on les possède ou qu’on les porte sans marcher, et la protection, surtout pour la bottine neuve. Une bonne part du passage concerne la vie de couple dans des termes intimes. Nous ne gardons ici que les cas qui ne relèvent pas de l’intimité.
Le sens selon ce que vous avez vu
Le recueil d’Ibn Sirin parle d’abord de la bottine de cuir, puis de la sandale. Voici les principaux cas, dans l’ordre du texte.
| Dans votre rêve | Le sens dans le recueil |
|---|---|
| Vous portez des bottines | Selon un avis, un voyage en mer. Avec des armes, une protection. (autre avis cité dans le recueil)t. 1, p. 259 |
| Des bottines neuves | Une protection contre les malheurs et une protection de l’argent.t. 1, p. 259 |
| Des bottines trop étroites | Un souci plus fort. Selon un autre avis, une dette, une prison et une entrave.t. 1, p. 259 |
| Des bottines en hiver ou en été | À l’approche de l’hiver, un bien. En été, un souci.t. 1, p. 259 |
| Vous retirez vos sandales | Vous vous séparez d’un serviteur ou d’une épouse. Selon un autre avis, plus loin dans le texte, c’est la sécurité et l’obtention d’une charge, d’après le verset : « Retire tes sandales. »t. 1, p. 260 et 262 |
| Vous marchez avec des sandales | Une route et un voyage. Si la lanière casse, le voyage n’a pas lieu. Si la sandale se brise, un empêchement retient le rêveur contre son gré.t. 1, p. 260 |
| Des chaussures noires, rouges, vertes ou jaunes | La couleur dit le but du voyage. Noires : chercher l’argent et le prestige. Rouges : chercher le mal. Vertes : pour la religion. Jaunes : pour une maladie et un souci.t. 1, p. 260 |
| Une sandale vous quitte le pied pendant la marche | Vous vous séparez d’un frère ou d’un associé.t. 1, p. 260 |
| Vous marchez avec une seule sandale | Le rêveur divorce ou se sépare de son associé. Selon un autre avis, il fait un voyage incomplet.t. 1, p. 261 |
| Vos sandales se perdent ou tombent dans l’eau | L’épouse du rêveur frôle la mort, puis elle est sauvée.t. 1, p. 261 |
| Des sandales d’argent, de plomb ou de bois | La sandale est ici l’épouse. En argent : une femme libre et belle. En plomb : une femme faible. En bois : une femme hypocrite et traîtresse. Noire : une femme riche et respectée.t. 1, p. 261 |
| Vous marchez en sandales, selon un autre avis | Un voyage fait dans l’obéissance à Allah. (autre avis cité dans le recueil)t. 1, p. 262 |
Le récit d’Ibn Sirin sur la lanière cassée
أن رجلا أتى ابن سيرين فقال رأيت كأني أمشي في نعلي فانقطع شسع إحداهما وتركتها ومضيت على حاليOn rapporte qu’un homme vint dire à Ibn Sirin : « J’ai vu que je marchais avec mes sandales. La lanière de l’une d’elles a cassé, je l’ai laissée et j’ai continué. » Ibn Sirin lui demanda : « As-tu un frère absent ? » « Oui. » « Vous êtes partis ensemble vers une terre, tu l’y as laissé et tu es revenu ? » « Oui. » Ibn Sirin prononça alors la formule du retour à Allah et dit : « Je pense que ton frère a quitté ce monde. » La nouvelle de sa mort arriva peu après.
Muntakhab al-kalâm, chapitre 29, tome 1, page 262
Ce récit rejoint un cas du recueil : la sandale qui quitte le pied pendant la marche annonce la séparation d’avec un frère ou un associé.
Avant d’interpréter votre rêve
Tous les rêves ne s’interprètent pas. Le Prophète ﷺ distinguait la vision pieuse, qui vient d’Allah, le rêve qui attriste, qui vient de Satan, et ce que l’on se dit à soi-même pendant la journée (Sahih Muslim, n° 2263). Seule la première se lit avec un recueil comme celui d’Ibn Sirin. Voir les trois sortes de rêves, et si votre rêve vous a fait peur, ce qu’il faut faire après un mauvais rêve.
Questions fréquentes
Rêver de chaussures en islam, est-ce un bon signe ?
Cela dépend de leur état et de ce que vous en faites. Des bottines neuves protègent des malheurs, et marcher en sandales annonce un voyage, parfois fait dans l’obéissance à Allah. Une lanière cassée, une sandale perdue ou une seule sandale annoncent un empêchement ou une séparation.
Que signifie rêver de perdre ses chaussures ?
Ibn Sirin a interprété des sandales perdues puis retrouvées après la peine comme un argent que l’on cherche et que l’on trouve après la peine (tome 1, page 262). Le recueil dit aussi que des sandales perdues ou tombées dans l’eau annoncent une épouse qui frôle la mort, puis se rétablit.
Que veut dire rêver de chaussures neuves ?
Le recueil parle surtout de la bottine neuve : une protection contre les malheurs et une protection de l’argent (tome 1, page 259). Une bottine usée protège moins.
Que signifie rêver de marcher pieds nus ?
Le recueil donne deux sens. Au chapitre de la marche, marcher pieds nus montre une bonne religion et la fin du souci, ou selon un autre avis un malheur touchant l’épouse et son divorce (tome 2, page 323). Au chapitre du corps, il indique la fatigue et la peine (tome 1, page 175).
Le sens change-t-il pour une femme mariée, une célibataire ou une femme enceinte ?
Non, le recueil ne fait pas cette distinction pour les chaussures. Il parle presque toujours du point de vue de l’homme, pour qui la sandale désigne l’épouse. Il ne dit rien des chaussures à talon ni du sexe de l’enfant à naître.
Sources
- Muntakhab al-kalâm fî tafsîr al-ahlâm, recueil attribué à Muhammad ibn Sirin, chapitre 29, tome 1, pages 259 à 262, avec tome 1, page 175 et tome 2, page 323 pour la marche pieds nus (texte arabe, édition Shamela, corpus OpenITI).
- Sahih Muslim, n° 2263, pour les trois sortes de rêves.
- Traductions françaises : tafsir-a7lem.com.
