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Rêver de pluie en islam
المطر في المنام
En islam, rêver de pluie annonce le plus souvent la miséricorde d’Allah, le soulagement et l’abondance. Le recueil d’Ibn Sirin y voit aussi la science, le Coran et la sagesse, car l’eau donne la vie. La pluie devient un mauvais signe quand elle fait du tort, tombe hors saison ou contient des pierres, du feu ou du sang.
ليس في كتاب الله تعالى فرج في المطر إذا جاء اسم المطر فهو غم … وإذا لم يسم مطرا فهو فرج الناس عامةIbn Sirin a dit : « Dans le Livre d’Allah, il n’y a pas de soulagement dans la pluie : quand le mot matar (pluie) est employé, c’est une affliction. […] Quand elle n’est pas nommée matar, c’est un soulagement pour tous les gens. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 38, tome 2, page 44
Ibn Sirin donne deux exemples du Coran : « Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie » et « Nous fîmes pleuvoir sur eux des pierres ». Pour le sens favorable, il cite : « Nous avons fait descendre du ciel une eau bénie » (sourate Qaf, verset 9). Le recueil en tire une règle pour les rêves : les mots ghayth (pluie bienfaisante) ou « eau qui descend du ciel » s’interprètent mieux que le mot matar.
Le sens selon ce que vous avez vu
Le recueil d’Ibn Sirin traite la pluie au chapitre 38, avec le ciel, les vents, les nuages, le tonnerre et la neige. Voici les cas qu’il décrit.
| Dans votre rêve | Le sens dans le recueil |
|---|---|
| Une pluie générale tombe sur le pays | Si les gens sont dans la gêne, l’abondance et la baisse des prix. S’ils subissent l’injustice ou la maladie, le soulagement, à condition que la pluie soit utile à ce moment-là.t. 2, p. 43 |
| Une pluie nuisible, avec des pierres ou du feu | Les malheurs des gens redoublent et se succèdent, selon la force de la pluie.t. 2, p. 43 |
| Une pluie fine | Ce qu’elle annonce reste léger.t. 2, p. 43 |
| Une pluie de sang | Des troubles et du sang versé.t. 2, p. 43 |
| Une pluie hors saison, qui fait du tort | Des maladies et des épidémies. Le sens est plus fort encore si la pluie ne tombe que sur une maison, un village ou un quartier.t. 2, p. 43 |
| Vous êtes sous la pluie, ou bloqué par elle sous un toit | Un tort qui vous atteint par des paroles et des offenses, à la mesure de la pluie reçue. Bloqué sous un mur : un arrêt de votre travail ou de votre voyage, une maladie ou une prison.t. 2, p. 43 et 44 |
| Vous vous lavez ou faites vos ablutions avec l’eau de pluie | Le non-musulman embrasse l’islam, le pécheur se repent, le pauvre est enrichi par Allah, et la demande faite à un dirigeant aboutit. Se laver le visage avec cette eau : la vue se rétablit.t. 2, p. 44 |
| Il pleut du lait, du miel, du blé ou des dattes | Le sens favorable est encore plus fort : des biens et une subsistance. Une pluie de miel annonce aussi une religion saine et une bénédiction pour tous.t. 2, p. 42 ; t. 1, p. 234 |
| Il pleut des épées | Les gens sont éprouvés par des disputes et des querelles.t. 2, p. 45 |
| Il pleut des pastèques | Les gens tombent malades.t. 2, p. 45 |
| La pluie avec le tonnerre et les éclairs | Une crainte pour le voyageur et un espoir pour celui qui reste chez lui.t. 2, p. 50 |
| Les gouttières des maisons coulent après la pluie | Les soucis des gens se dissipent et leur subsistance afflue. Si elles coulent sans pluie : une épreuve (fitna) et un argent illicite.t. 2, p. 53 et 54 |
Le récit d’Ibn Sirin sur les gouttières
رأيت الميازيب تسيل من غير مطر ورأيت الناس يأخذون منه فقال ابن سيرين ألا تأخذ فقال الرجل إني لم أفعل ولم آخذ منه شيئا فقال قد أحسنتUn homme vint dire à Ibn Sirin : « J’ai vu les gouttières couler alors qu’il ne pleuvait pas, et les gens en prenaient. » Ibn Sirin lui demanda : « Et toi, n’en as-tu pas pris ? » L’homme répondit : « Non, je n’en ai rien pris. » Ibn Sirin lui dit : « Tu as bien fait. » Peu de temps après éclata la fitna d’Ibn al-Muhallab.
Muntakhab al-kalâm, chapitre 38, tome 2, pages 53 et 54
Le recueil donne la règle juste après : les gouttières qui coulent sans pluie annoncent une épreuve et un argent illicite. L’homme qui n’en avait rien pris était resté à l’écart.
Avant d’interpréter votre rêve
Tous les rêves ne s’interprètent pas. Le Prophète ﷺ distinguait la vision pieuse, qui vient d’Allah, le rêve qui attriste, qui vient de Satan, et ce que l’on se dit à soi-même pendant la journée (Sahih Muslim, n° 2263). Seule la première se lit avec un recueil comme celui d’Ibn Sirin. Voir les trois sortes de rêves, et si votre rêve vous a fait peur, ce qu’il faut faire après un mauvais rêve.
Questions fréquentes
Rêver de pluie en islam, est-ce un bon signe ?
En général oui. Le recueil dit que la pluie désigne la miséricorde d’Allah, le soulagement, la science et l’abondance. Elle devient un mauvais signe quand elle fait du tort, tombe hors saison ou contient des pierres, du feu ou du sang (tome 2, pages 42 et 43).
Que signifie une pluie abondante ou torrentielle en rêve ?
Le recueil ne classe pas la pluie selon son abondance. Il dit que son effet suit sa force : une pluie utile sur tout le pays annonce l’abondance, une pluie nuisible aggrave les malheurs, une pluie fine rend la chose légère (tome 2, page 43). Le torrent qui entre dans une ville est un autre symbole : une épidémie ou un ennemi (tome 2, page 53).
Que veut dire rêver d’être sous la pluie ?
Le recueil y voit un tort qui atteint le rêveur par des paroles, à la mesure de la pluie reçue. Le sens change s’il se lave avec cette eau ou fait ses ablutions : repentir, entrée dans l’islam, richesse pour le pauvre (tome 2, pages 43 et 44).
Rêver de pluie dans la maison, quel sens ?
Le recueil ne décrit pas la pluie qui tombe à l’intérieur d’une maison. Il parle de la pluie qui ne tombe que sur une maison ou un village, et la range parmi les signes de maladie (tome 2, page 43). Les gouttières des maisons qui coulent après la pluie annoncent au contraire la fin des soucis.
Pourquoi Ibn Sirin se méfiait-il du mot « pluie » ?
Parce que dans le Coran, le mot matar accompagne le châtiment, comme dans « Nous fîmes pleuvoir sur eux des pierres ». Quand le Coran parle d’eau descendue du ciel sans dire matar, c’est une bénédiction. Le recueil en déduit que les mots ghayth ou « eau qui descend » s’interprètent mieux en rêve.
Sources
- Muntakhab al-kalâm fî tafsîr al-ahlâm, recueil attribué à Muhammad ibn Sirin, chapitre 38, tome 2, pages 42 à 54, et chapitre 27, tome 1, page 234 (texte arabe, édition Shamela, corpus OpenITI).
- Sahih Muslim, n° 2263, pour les trois sortes de rêves.
- Traductions françaises : tafsir-a7lem.com.
