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Rêver de tapis en islam
البساط في المنام
En islam, le tapis vu en rêve représente la vie d’ici-bas de son propriétaire. Le recueil d’Ibn Sirin dit qu’étendre un tapis, c’est étendre ce monde, que sa largeur est l’ampleur de la subsistance et son épaisseur la longueur de la vie. À l’inverse, un tapis petit, usé, mince ou plié annonce une gêne, des bienfaits retirés ou une vie qui touche à sa fin.
البساط دنيا لصاحبه وبسطه بسط الدنيا وسعته سعة الرزق وصفاقته طول العمرDans le recueil d’Ibn Sirin : « Le tapis, c’est la vie d’ici-bas de son propriétaire. L’étendre, c’est étendre ce monde. Sa largeur, c’est l’ampleur de la subsistance, et son épaisseur, la longueur de la vie. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 47, tome 2, page 259
Cette phrase ouvre le chapitre 47 du recueil, consacré aux tapis, aux lits, aux tentes et aux rideaux. Le tapis se lit à sa taille, à son épaisseur, à sa matière, à son état et au lieu où il est étendu. Le recueil ajoute qu’il indique aussi les assemblées des sages et des chefs, et de tous ceux dont on foule le tapis. Le texte arabe porte à la page 260 une coquille (« فغنه » pour « فإنه ») qui ne change pas le sens.
Le sens selon ce que vous avez vu
Le passage sur le tapis occupe les pages 259 à 261 du tome 2. Voici les cas qu’il décrit, dans l’ordre du texte.
| Dans votre rêve | Le sens dans le recueil |
|---|---|
| Un tapis est étendu dans un lieu inconnu ou chez des gens que vous ne connaissez pas | Vous obtiendrez ce bien de ce monde au cours d’un voyage, loin de chez vous.t. 2, p. 259 et 260 |
| Un tapis petit et fin | Peu de vie et une vie courte. Plier le tapis, c’est replier les bienfaits et la vie.t. 2, p. 260 |
| Vous vous voyez sur un tapis | Le salut, si vous êtes en guerre. Sinon, vous achetez une terre.t. 2, p. 260 |
| Un tapis est étendu entre des gens connus ou dans un lieu connu | Le bienfait est partagé entre les gens de ce lieu. Selon un autre avis, étendre un tapis pour quelqu’un, c’est faire son éloge.t. 2, p. 260 |
| On étend pour vous un tapis neuf et épais | Une large subsistance et une longue vie. Chez vous ou parmi les vôtres, vous en profiterez sur place. Dans un lieu inconnu, ce sera en exil.t. 2, p. 260 |
| Un tapis petit et épais, ou fin et large | Petit et épais : de l’honneur avec peu de moyens. Fin et large : un monde vaste mais une vie courte. Épais, large et de belle matière : une longue vie et une large subsistance.t. 2, p. 260 |
| Un tapis petit et usé | Il n’y a pas de bien dans ce rêve.t. 2, p. 261 |
| Vous portez votre tapis plié sur l’épaule | Vous le transportez d’un lieu à un autre. Si vous partez ainsi vers un lieu inconnu, votre vie touche à sa fin et vous emportez vos comptes de ce monde. Voir un défunt dans ce lieu le confirme.t. 2, p. 261 |
| Votre tapis est plié sans que vous l’ayez plié | Ce monde se replie pour vous : peu de moyens et une certaine gêne pour vivre. Si on l’étend ensuite pour vous, votre subsistance s’élargit et votre peine se dissipe.t. 2, p. 261 |
| On vous arrache le tapis, ou il brûle | Son propriétaire meurt, ou son voyage devient impossible. Plier son tapis peut aussi indiquer une fonction suspendue ou des biens retenus.t. 2, p. 261 |
| Le tapis rétrécit ou devient mince | Rétréci : ce monde devient étroit pour son propriétaire. Mince : sa fin approche, ou il maigrit.t. 2, p. 261 |
| Une natte (hasîr) | Un serviteur, ou l’assemblée du juge et du souverain. Ce qui arrive à la natte se lit comme pour le tapis.t. 2, p. 295 |
Le récit d’Ibn Sirin sur le tapis
أن رجلا أتى ابن سيرين فقال رأيت كأني على طنفسة إذ جاء يزيد بن عبد الملك فأخذ الطنفسة من تحتي فرمى بها ثم قعد على الأرض فقال ابن سيرين هذه الرؤيا لم ترها أنت وإنما رآها يزيد بن المهلب وإن صدقت رؤياه هزمه يزيد بن عبد الملكUn homme vint dire à Ibn Sirin : « J’ai vu que j’étais sur un tapis. Yazid ibn Abd al-Malik arriva, retira le tapis de sous moi, le jeta, puis s’assit par terre. » Ibn Sirin répondit : « Ce n’est pas toi qui as vu ce rêve, c’est Yazid ibn al-Muhallab. Si son rêve est vrai, Yazid ibn Abd al-Malik le mettra en déroute. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 47, tome 2, page 268
Juste avant ce récit, le recueil précise que la tunfusa, un tapis épais à poils, s’interprète comme le tapis. Ibn Sirin y lit la place d’un homme : celui qui lui retire son tapis prend le dessus sur lui.
Avant d’interpréter votre rêve
Tous les rêves ne s’interprètent pas. Le Prophète ﷺ distinguait la vision pieuse, qui vient d’Allah, le rêve qui attriste, qui vient de Satan, et ce que l’on se dit à soi-même pendant la journée (Sahih Muslim, n° 2263). Seule la première se lit avec un recueil comme celui d’Ibn Sirin. Voir les trois sortes de rêves, et si votre rêve vous a fait peur, ce qu’il faut faire après un mauvais rêve.
Questions fréquentes
Est-ce un bon signe de rêver de tapis en islam ?
Cela dépend de son état. Un tapis neuf, épais et large, étendu pour vous, annonce une large subsistance et une longue vie. Un tapis petit et usé est « sans bien », et un tapis mince peut annoncer une fin proche (tome 2, pages 260 et 261).
Que signifie rêver d’un tapis enroulé ou plié ?
Plier le tapis, c’est replier les bienfaits et la vie, selon le recueil. Un tapis plié sans que vous l’ayez plié indique une gêne pour vivre. S’il est ensuite étendu pour vous, la subsistance s’élargit et la peine se dissipe (tome 2, page 261).
Le recueil parle-t-il du tapis de prière ?
Non, il n’a pas d’entrée pour le tapis de prière. Au chapitre de la mosquée, il dit seulement que celui qui se voit sur un lieu de prière (musallâ) reçoit le hajj et la sécurité, mais il s’agit du lieu et non du tapis (tome 1, page 94). Pour la prière elle-même, voyez la fiche sur la prière.
La couleur du tapis, rouge, vert ou bleu, change-t-elle le sens ?
Le recueil ne parle pas de la couleur du tapis, ni du nettoyage du tapis. Il juge le tapis à sa taille, à son épaisseur, à sa matière, à son état neuf ou usé, et au lieu où il est étendu.
Le sens change-t-il pour une femme mariée, une célibataire ou une femme enceinte ?
Non. Le passage sur le tapis ne distingue ni l’homme ni la femme, ni la femme mariée, célibataire ou enceinte. Il distingue seulement la situation du rêveur : se voir sur un tapis annonce le salut à celui qui est en guerre, et l’achat d’une terre aux autres.
Sources
- Muntakhab al-kalâm fî tafsîr al-ahlâm, recueil attribué à Muhammad ibn Sirin, chapitre 47, tome 2, pages 259 à 261 et page 268 (texte arabe, édition Shamela, corpus OpenITI).
- Même recueil, chapitre 49, tome 2, page 295, pour la natte, et chapitre 11, tome 1, page 94, pour le lieu de prière.
- Sahih Muslim, n° 2263, pour les trois sortes de rêves.
- Traductions françaises : tafsir-a7lem.com.
