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Rêver de tuer quelqu’un en islam

القتل في المنام

En islam, rêver de tuer quelqu’un annonce, selon le recueil d’Ibn Sirin, que le rêveur va commettre une chose grave. Un autre avis y voit au contraire la délivrance d’une angoisse, d’après un verset sur Moïse. Être tué en rêve annonce une longue vie. Le sens change si l’on égorge, si l’on connaît le meurtrier ou si l’on se tue soi-même.

فمن رأى أنه قتل إنسانا فإنه يرتكب أمرا عظيماDans le recueil d’Ibn Sirin : « Celui qui se voit tuer un être humain va commettre une chose grave. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 31, tome 1, page 288

Le recueil traite le meurtre dans le chapitre de la guerre, des armes et de la mise à mort. Il cite aussitôt un autre avis, appuyé sur le verset adressé à Moïse : « Tu as tué un homme, et Nous t’avons sauvé de l’angoisse » (Coran 20, 40). Pour tuer un serpent ou un lion en rêve, voir les fiches consacrées à ces animaux.

Le sens selon ce que vous avez vu

Voici les cas que décrit le recueil d’Ibn Sirin, dans l’ordre du passage sur le meurtre et la mise à mort.

Dans votre rêveLe sens dans le recueil
Vous tuez quelqu’unVous allez commettre une chose grave. Selon un autre avis, vous serez délivré d’une angoisse.t. 1, p. 288
Vous vous tuez vous-mêmeLe recueil y voit un bien et un repentir sincère, d’après le verset : « Repentez-vous auprès de votre Créateur et tuez-vous vous-mêmes » (Coran 2, 54).t. 1, p. 288
Vous êtes tuéVotre vie sera longue.t. 1, p. 288
Vous tuez quelqu’un sans l’égorgerLa personne tuée reçoit un bien.t. 1, p. 288
Vous égorgez quelqu’unVous lui faites du tort dans sa religion et vous le poussez à une désobéissance.t. 1, p. 288
Vous êtes tué et vous connaissez votre meurtrierUn bien, la richesse et l’autorité, qui peuvent venir du meurtrier lui-même. Si vous ne le connaissez pas, le recueil y voit un homme qui renie : soit la mécréance en religion, soit l’ingratitude envers les bienfaits.t. 1, p. 288 et 289
Vous voyez une personne égorgée sans savoir qui l’a faitUn homme qui a introduit une innovation dans la religion, ou qui s’est chargé d’un faux témoignage ou d’un jugement.t. 1, p. 289
On vous tranche la tête alors que vous êtes en difficultéLe malade guérit, l’endetté paie sa dette, celui qui n’a jamais fait le pèlerinage le fait, celui qui a peur ou souffre est soulagé.t. 1, p. 290
On vous tranche la tête alors que tout va bienLe bien-être dont vous jouissez prend fin, votre autorité disparaît et votre situation change en tout.t. 1, p. 291
Un roi ou un gouverneur vous tranche la têteLe gouverneur représente ici Allah, qui vous sauve de vos soucis et vous aide dans vos affaires.t. 1, p. 291
Vous fuyez la mort ou le meurtreVotre terme approche. Selon un autre avis, fuir un ennemi, c’est trouver la sécurité et atteindre ce que l’on veut.t. 1, p. 294

Le récit d’Ibn Sirin sur une femme qui avait tué son mari

فقال لها إنك حملت زوجك على إثم فاتقي الله عز وجل قالت صدقتUne femme vint dire à Ibn Sirin : « J’ai vu que j’avais tué mon mari. » Il lui répondit : « Tu as poussé ton mari à commettre un péché. Crains Allah. » Elle dit : « Tu dis vrai. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 31, tome 1, page 290

Ibn Sirin lit ici le meurtre comme un tort fait à la religion de l’autre, comme dans le cas de celui qui égorge quelqu’un. Après « mon mari », le texte arabe porte deux mots peu clairs, que nous ne traduisons pas.

Avant d’interpréter votre rêve

Tous les rêves ne s’interprètent pas. Le Prophète ﷺ distinguait la vision pieuse, qui vient d’Allah, le rêve qui attriste, qui vient de Satan, et ce que l’on se dit à soi-même pendant la journée (Sahih Muslim, n° 2263). Seule la première se lit avec un recueil comme celui d’Ibn Sirin. Voir les trois sortes de rêves, et si votre rêve vous a fait peur, ce qu’il faut faire après un mauvais rêve.

Questions fréquentes

Rêver de tuer quelqu’un en islam, est-ce mauvais ?

Le recueil y voit d’abord une chose grave que le rêveur va commettre. Il cite aussi un autre avis, plus favorable, pour qui c’est la délivrance d’une angoisse. Le sens dépend donc de l’état du rêveur et des détails du rêve.

Que signifie rêver que l’on se fait tuer ?

Selon le recueil, celui qui se voit tué aura une longue vie (tome 1, page 288). S’il connaît son meurtrier, il obtient un bien, la richesse et l’autorité. S’il ne le connaît pas, le recueil y voit le reniement : la mécréance ou l’ingratitude envers les bienfaits.

Que veut dire rêver de se tuer soi-même ?

Le recueil y voit un bien et un repentir sincère, en s’appuyant sur le verset 54 de la sourate al-Baqara.

Le recueil parle-t-il de tuer par accident, en légitime défense ou au couteau ?

Non. Le recueil ne distingue ni l’accident, ni la légitime défense, ni l’arme utilisée. Il distingue seulement le fait de tuer, d’égorger et de trancher la tête. Pour une personne égorgée vue en rêve sans connaître le coupable, il parle d’innovation ou de faux témoignage.

Le sens change-t-il pour une femme mariée, célibataire ou enceinte ?

Le recueil ne fait pas cette distinction pour le meurtre. Il distingue le malade, l’endetté et celui qui est dans la peur, pour qui avoir la tête tranchée est un soulagement. Le seul cas propre à une femme est le récit de celle qui avait tué son mari en rêve.

Sources

  • Muntakhab al-kalâm fî tafsîr al-ahlâm, recueil attribué à Muhammad ibn Sirin, chapitre 31, tome 1, pages 288 à 291 et 294 (texte arabe, édition Shamela, corpus OpenITI).
  • Coran, sourate 2, verset 54, et sourate 20, verset 40, cités par le recueil.
  • Sahih Muslim, n° 2263, pour les trois sortes de rêves.
  • Traductions françaises : tafsir-a7lem.com.