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Rêver de champ en islam

الزرع في المنام

En islam, le champ que l’on possède en rêve désigne d’abord ses œuvres. Le recueil attribué à Ibn Sirin dit qu’une culture connue est « son œuvre dans sa religion ou dans sa vie d’ici-bas ». Semer en sa saison est une bonne action, l’épi vert annonce une année fertile et l’épi sec une année de disette. Une moisson hors saison annonce des morts ou une guerre.

ومن رأى أن له زرعا معروفا فإن ذلك عمله في دينه أو دنياهDans le recueil d’Ibn Sirin : « Celui qui se voit posséder une culture connue, c’est son œuvre dans sa religion ou dans sa vie d’ici-bas. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 44, tome 2, pages 229 et 230

Le recueil précise : si cette œuvre concerne la religion, sa récompense est à la mesure de la culture, de son étendue et de son utilité. Si elle concerne ce monde, c’est un bien rassemblé qui revient au rêveur, en paiement d’un travail. Les céréales ont ensuite chacune leur sens : le blé, l’orge, le riz.

Le sens selon ce que vous avez vu

Ces cas viennent du chapitre des grains, des cultures et des plantes. Voici ce que le recueil décrit, dans l’ordre du texte.

Dans votre rêveLe sens dans le recueil
Vous semez des grainesSemer dans la terre désigne l’enfant. Si la graine prend, un honneur. Si elle ne prend pas, un souci.t. 2, p. 227
Vous semez du bléUne œuvre qui plaît à Allah. S’activer à le cultiver désigne le combat dans le sentier d’Allah.t. 2, p. 228
Vous semez du blé et il pousse autre choseS’il pousse de l’orge, votre apparence vaut mieux que votre intérieur. Si vous semez de l’orge et qu’il pousse du blé, c’est l’inverse. Si le blé pousse en sang, vous mangez l’usure.t. 2, p. 228
Des épis verts ou des épis secsL’épi vert annonce une année fertile. L’épi sec, resté sur sa tige, une année de disette, comme dans l’histoire de Yusuf.t. 2, p. 228
Des épis rassemblés dans votre main, sur l’aire ou dans un récipientUn bien que vous obtenez du travail d’autrui, ou une science que vous apprenez.t. 2, p. 228
La moisson se fait hors de sa saisonUne mort dans le quartier, ou une guerre. Si les épis sont jaunes, la mort des vieillards. S’ils sont verts, la mort des jeunes ou leur mise à mort.t. 2, p. 228
Vous semez en sa saisonUne bonne action. Pour un gouverneur, le pouvoir. Pour un commerçant, un profit. Pour un homme du marché, de quoi vivre. Pour un ascète, la piété scrupuleuse. Si ce que vous avez semé pousse, l’œuvre est acceptée. Si vous moissonnez, vous avez reçu votre récompense.t. 2, p. 229
Les cultures comme actions des hommesLes cultures sont les actions des fils d’Adam, si le lieu ressemble à un lieu de culture. Sinon, ce sont des hommes réunis pour une guerre : s’ils sont moissonnés, ils sont tués. (autre avis cité dans le recueil)t. 2, p. 229
Vous mangez du blé vert et fraisVous êtes un homme de bien, pieux et dévot.t. 2, p. 229
L’orge : semer, marcher dans le champ, moissonnerSemer de l’orge, c’est une œuvre qui attire l’agrément d’Allah. Marcher dans un champ d’orge ou dans une culture, c’est recevoir le combat dans le sentier d’Allah. Moissonner l’orge en sa saison, un bien qui vous revient, sur lequel Allah a un droit : « Donnez-en le dû le jour de la récolte ». L’orge, en tout cas, est un bien, un profit et une subsistance.t. 2, p. 230
Du rizUn bien qui vient avec de la fatigue, du tumulte et du souci.t. 2, p. 231
Vous êtes dans une prairie, vous ramassez ou mangez de l’herbeLe pauvre s’enrichit, le riche s’enrichit davantage. Mais l’ascète revient vers ce monde et s’y laisse séduire. Passer d’une prairie à une autre, c’est voyager en quête des biens de ce monde.t. 2, p. 237-238

Avant d’interpréter votre rêve

Tous les rêves ne s’interprètent pas. Le Prophète ﷺ distinguait la vision pieuse, qui vient d’Allah, le rêve qui attriste, qui vient de Satan, et ce que l’on se dit à soi-même pendant la journée (Sahih Muslim, n° 2263). Seule la première se lit avec un recueil comme celui d’Ibn Sirin. Voir les trois sortes de rêves, et si votre rêve vous a fait peur, ce qu’il faut faire après un mauvais rêve.

Questions fréquentes

Est-ce un bon signe de rêver de champ en islam ?

Le plus souvent, oui : un champ connu est l’œuvre du rêveur, et semer en sa saison est une bonne action. Le recueil cite aussi des sens négatifs : l’épi sec annonce la disette, et la moisson hors saison des morts ou une guerre (tome 2, page 228).

Que signifie rêver d’un champ de blé ?

Semer du blé est une œuvre qui plaît à Allah, et s’activer à le cultiver désigne le combat dans le sentier d’Allah. Manger du blé vert et frais montre un homme pieux. Mais si le blé semé pousse en sang, le rêveur mange l’usure.

Rêver d’un champ vert ou d’un champ sec, quelle différence ?

Le recueil oppose l’épi vert, qui annonce une année fertile, et l’épi sec resté sur sa tige, qui annonce une année de disette, d’après l’histoire de Yusuf (tome 2, page 228). Pour une moisson hors saison, les épis jaunes désignent les vieillards et les verts les jeunes.

Que dit le recueil d’un champ de riz ou de maïs ?

Le riz est un bien qui vient avec de la fatigue, du tumulte et du souci (tome 2, page 231). Le recueil ne parle pas du maïs. Il cite la dhura (mot qui désigne aujourd’hui le maïs, mais sans doute une autre céréale à l’époque), avec le millet : un bien abondant, peu utile et sans éclat.

Et si le feu tombe sur un champ ?

Ce cas est traité avec le feu. Voir la fiche « Rêver de feu », qui cite le passage du recueil sur le feu qui tombe sur les champs et les cultures.

Sources

  • Muntakhab al-kalâm fî tafsîr al-ahlâm, recueil attribué à Muhammad ibn Sirin, chapitre 44, tome 2, pages 227 à 231, 237 et 238 (texte arabe, édition Shamela, corpus OpenITI).
  • Traductions françaises : tafsir-a7lem.com.