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Rêver de doigts en islam
الأصابع في المنام
En islam, les doigts vus en rêve renvoient d’abord à la famille proche : le recueil d’Ibn Sirin les relie aux enfants du frère, et selon un autre avis les doigts de la main droite sont les cinq prières. Un mal qui touche les doigts annonce une épreuve touchant les enfants. Pour celui qui n’a pas d’enfant, il signale des prières négligées. Le sens précis dépend du doigt touché.
والآفة في الأصابع دليل على محنة الولد فإن لم يكن له ولد فهو دليل على إضاعة الصلواتDans le recueil d’Ibn Sirin : « Un mal dans les doigts annonce une épreuve touchant les enfants. Si le rêveur n’a pas d’enfant, il annonce des prières négligées. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 25, tome 1, page 208
Cette phrase réunit les deux grands sens des doigts dans le recueil. Dans le chapitre des membres du corps, la main est un frère et les doigts sont les enfants du frère. Selon un autre avis, les doigts de la main droite sont les cinq prières : le pouce pour l’aube, l’index pour le midi, le majeur pour l’après-midi, l’annulaire pour le coucher du soleil et l’auriculaire pour la nuit. Le recueil applique ensuite ces deux clés à chaque cas.
Le sens selon ce que vous avez vu
Le recueil parle des doigts dans le chapitre des membres du corps, puis dans celui des maladies et des infirmités. Voici les cas qu’il décrit.
| Dans votre rêve | Le sens dans le recueil |
|---|---|
| Vous voyez vos doigts | Les enfants de votre frère, puisque la main représente le frère. Les doigts de la main gauche désignent les enfants du frère et de la sœur.t. 1, p. 160 et 161 |
| Les doigts de la main droite, courts ou longs | Selon un autre avis, ce sont les cinq prières. Des doigts courts montrent de la paresse dans la prière, des doigts longs l’assiduité. La perte d’un doigt annonce l’abandon de la prière qui lui correspond. (autre avis cité dans le recueil)t. 1, p. 160 |
| Un doigt se trouve à la place d’un autre | Vous accomplissez une prière à l’heure d’une autre.t. 1, p. 160 |
| Vous entrecroisez vos doigts sans rien faire de vos mains | Une gêne d’argent, à cause des soucis de votre maison et des enfants de vos frères. Si tous sont menacés par la même affaire, ils restent unis et se soutiennent.t. 1, p. 160 ; t. 2, p. 358 |
| Vous faites craquer vos doigts | Des paroles laides entre vos proches.t. 1, p. 160 |
| Vous mordez le bout des doigts de quelqu’un | La personne mordue manque d’éducation, et celui qui mord insiste pour la corriger.t. 1, p. 160 |
| Des doigts teints au henné | Chez un homme, beaucoup de glorifications d’Allah (tasbih). Chez une femme, la bonté de son mari envers elle. Si le henné ne prend pas, le mari ne montre pas son amour.t. 1, p. 161 |
| Un doigt se dessèche | Le pouce : la mort du père. L’index : la mort d’une sœur. Le majeur : celle d’un frère. L’annulaire : une épreuve touchant une fille. L’auriculaire : une épreuve touchant la mère et la famille.t. 1, p. 207 et 208 |
| Un doigt coupé | Selon les avis rapportés : l’auriculaire coupé, un enfant ingrat ; l’annulaire, la naissance d’un enfant ; le majeur, la mort du savant ou du juge de la ville. Couper le doigt de quelqu’un, c’est le toucher dans ses biens. (autre avis cité dans le recueil)t. 1, p. 208 |
| Vous perdez vos doigts, ou vous les mâchez | Selon un autre avis, perdre ses doigts, c’est perdre ses serviteurs. Les mâcher : la perte de ses biens. Des doigts repliés montrent qu’on s’écarte de l’interdit. (autre avis cité dans le recueil)t. 1, p. 208 et 209 |
| Une blessure au pouce de la main droite | Une dette pèse sur le rêveur.t. 1, p. 287 |
| Une lampe brille au bout de vos doigts | Une affaire obscure s’éclaire pour vous, avec une preuve claire.t. 2, p. 194 |
Le récit d’Ibn Sirin sur le pouce
وقد سئل ابن سيرين عن رجل رأى على إبهامه سراجا فقال هذا رجل يعمى ويقوده بعض ولدهOn interrogea Ibn Sirin sur un homme qui avait vu une lampe posée sur son pouce. Il répondit : « Cet homme deviendra aveugle, et l’un de ses enfants le guidera. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 42, tome 2, pages 189 et 190
La lumière qui brille au bout des doigts est donc lue de deux façons : une affaire qui s’éclaire en général, mais ici, posée sur le pouce, la perte de la vue et le besoin d’un guide parmi ses enfants.
Avant d’interpréter votre rêve
Tous les rêves ne s’interprètent pas. Le Prophète ﷺ distinguait la vision pieuse, qui vient d’Allah, le rêve qui attriste, qui vient de Satan, et ce que l’on se dit à soi-même pendant la journée (Sahih Muslim, n° 2263). Seule la première se lit avec un recueil comme celui d’Ibn Sirin. Voir les trois sortes de rêves, et si votre rêve vous a fait peur, ce qu’il faut faire après un mauvais rêve.
Questions fréquentes
Que signifie rêver d’un doigt coupé en islam ?
Le recueil distingue chaque doigt. L’auriculaire coupé annonce un enfant ingrat, l’annulaire la naissance d’un enfant, le majeur la mort du savant ou du juge de la ville (tome 1, page 208). Ce sont des avis rapportés par « on a dit ». Couper le doigt de quelqu’un, c’est le toucher dans ses biens.
Rêver de doigt blessé, est-ce mauvais ?
Le recueil voit dans un mal qui touche les doigts une épreuve touchant les enfants, ou des prières négligées si l’on n’a pas d’enfant (tome 1, page 208). Pour le pouce droit blessé, il parle d’une dette qui pèse sur le rêveur (tome 1, page 287).
Les doigts représentent-ils vraiment les cinq prières ?
C’est un avis rapporté dans le recueil : le pouce pour l’aube, l’index pour le midi, le majeur pour l’après-midi, l’annulaire pour le coucher du soleil, l’auriculaire pour la nuit. Des doigts longs montrent l’assiduité, des doigts courts la paresse, et un doigt perdu une prière abandonnée.
Le sens change-t-il pour une femme mariée, une célibataire ou une femme enceinte ?
Le recueil ne donne pas de sens propre à la femme mariée, à la célibataire ou à la femme enceinte pour les doigts. Il ne distingue l’homme et la femme que pour le henné : chez l’homme, la glorification d’Allah ; chez la femme, la bonté de son mari.
Le recueil parle-t-il des doigts en trop ou d’une bague au doigt ?
Des doigts en plus ne sont interprétés que pour l’imam ou le gouvernant : son avidité et son injustice augmentent (tome 1, page 160). La bague relève des bijoux, voir la fiche sur l’or. Le miel qui coule des doigts est traité dans la fiche sur le miel.
Sources
- Muntakhab al-kalâm fî tafsîr al-ahlâm, recueil attribué à Muhammad ibn Sirin, chapitre 22, tome 1, pages 160 et 161, et chapitre 25, tome 1, pages 207 à 209 (texte arabe, édition Shamela, corpus OpenITI).
- Même recueil, chapitre 31, tome 1, page 287 ; chapitre 42, tome 2, pages 189 à 194 ; chapitre 58, tome 2, page 358.
- Sahih Muslim, n° 2263, pour les trois sortes de rêves.
- Traductions françaises : tafsir-a7lem.com.
