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Rêver de henné en islam

الحناء في المنام

En islam, le henné vu en rêve est d’abord une couverture : il cache ce que l’on ne veut pas montrer. Sur la barbe, le recueil d’Ibn Sirin y voit l’attachement à la Sunna. Sur les doigts d’une femme, c’est la bonté de son mari, et pour les femmes en général une joie. Sur les pieds, le sens est plus grave. Tout dépend de la place du henné et de qui le porte.

والخضاب ستر وإذا كان الخضاب بالحناء دل على تمسكه بالسنةDans le recueil d’Ibn Sirin : « La teinture est une couverture. Si elle est faite au henné, elle montre l’attachement du rêveur à la Sunna. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 22, tome 1, page 155

Le recueil parle ici de la teinture de la barbe. Il développe ailleurs l’idée de couverture : la teinture cache les bonnes œuvres, ou cache la pauvreté aux yeux des gens. Si elle prend bien, la situation du rêveur reste couverte. Si elle ne prend pas, sa situation se découvre. La plante elle-même, le henné, est présentée comme un outil que l’homme prépare pour son travail.

Le sens selon ce que vous avez vu

Le recueil parle du henné à propos de la barbe, des mains et des pieds, puis dans le chapitre des sens divers. Voici les cas qu’il décrit.

Dans votre rêveLe sens dans le recueil
Vous teignez votre barbe au hennéL’attachement à la Sunna. La teinture est une couverture.t. 1, p. 155
Vous teignez vos cheveux sans la barbe, ou les deuxLes cheveux seuls : vous gardez le secret de votre supérieur. Les cheveux et la barbe : vous cherchez à cacher votre pauvreté et à garder votre rang aux yeux des gens.t. 1, p. 155
Vous vous teignez avec de l’argile ou du plâtreVous cherchez une chose impossible, et votre affaire se fait connaître.t. 1, p. 155
Des doigts teints au hennéChez un homme : beaucoup de glorifications d’Allah (tasbih). Chez une femme : la bonté de son mari envers elle. Si le henné ne prend pas sur ses doigts, son mari ne montre pas son amour.t. 1, p. 161
Vos deux mains sont teintes au hennéCe que vous avez en main apparaît : un bien ou un mal, votre argent, votre gain ou votre métier.t. 1, p. 161
La paume d’un homme est teinte d’une teinture laideDe la peine pour gagner sa vie.t. 1, p. 161
Un homme voit des motifs de henné sur ses mainsFaute de revenus, il ruse pour vendre des meubles de sa maison. Son ennemi s’en réjouit et il subit une humiliation.t. 1, p. 161 et 162
Une femme voit des motifs sur ses mainsElle use d’adresse pour se parer, dans une chose qui est son droit. Des motifs faits à l’argile : beaucoup de glorifications. Des motifs qui se mélangent : une épreuve touchant ses enfants.t. 1, p. 162
Des pieds teints et ornés de hennéChez un homme, la mort d’un proche. Chez une femme, la mort de son mari.t. 1, p. 175
Les mains et les pieds teints, en généralLe rêveur orne ses enfants et ses biens de ce qui ne leur convient pas, comme la soie et l’or. S’il est pauvre, il néglige peut-être ses ablutions et délaisse sa prière. Pour les femmes, c’est une joie et de beaux habits, car le henné est leur parure des jours de fête.t. 2, p. 377
Le henné est posé hors de sa place habituelleUne peur, puis le salut.t. 2, p. 347
Vous voyez la plante ou la poudre de hennéUn outil ou un préparatif qu’un homme garde pour son travail.t. 2, p. 233 et 361

Le récit d’Ibn Sirin sur la teinture de la barbe

وأتى ابن سيرين رجل فقال رأيت أن لحيتي بيضاء وأني أخضبها فلا يعلق بها الخضاب وكان الرجل شابا أسود اللحية فقال البياض نقص من ملكك وأنت تريد ستره وقد علم به قال صدقتUn homme vint dire à Ibn Sirin : « J’ai vu que ma barbe était blanche, que je la teignais et que la teinture ne prenait pas. » C’était un jeune homme à la barbe noire. Ibn Sirin lui dit : « Le blanc, c’est une perte dans tes biens. Tu veux la cacher, mais elle est déjà connue. » L’homme répondit : « Tu as dit vrai. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 22, tome 1, page 157

Le récit illustre la règle du recueil : la teinture couvre. Quand elle ne prend pas, ce que l’on voulait cacher se découvre.

Avant d’interpréter votre rêve

Tous les rêves ne s’interprètent pas. Le Prophète ﷺ distinguait la vision pieuse, qui vient d’Allah, le rêve qui attriste, qui vient de Satan, et ce que l’on se dit à soi-même pendant la journée (Sahih Muslim, n° 2263). Seule la première se lit avec un recueil comme celui d’Ibn Sirin. Voir les trois sortes de rêves, et si votre rêve vous a fait peur, ce qu’il faut faire après un mauvais rêve.

Questions fréquentes

Rêver de henné en islam, est-ce un bon signe ?

Souvent, oui. Sur la barbe, le henné montre l’attachement à la Sunna (tome 1, page 155). Sur les doigts d’une femme, c’est la bonté de son mari, et pour les femmes en général une joie. Le recueil cite pourtant des cas moins bons : les pieds teints, la teinture laide sur la paume, les motifs sur les mains d’un homme.

Que signifie le henné sur les mains en rêve ?

Les deux mains teintes au henné montrent que ce que vous avez en main va apparaître, en bien ou en mal (tome 1, page 161). Pour une femme, des motifs sur les mains sont une parure à laquelle elle a droit. Pour un homme, ces motifs annoncent qu’il vend des meubles de sa maison faute de revenus.

Que veut dire rêver de henné sur les pieds ?

Le recueil est clair et grave : des pieds teints et ornés annoncent pour un homme la mort d’un proche, et pour une femme la mort de son mari (tome 1, page 175). Ailleurs, il dit plus largement que teindre ses mains ou ses pieds, c’est orner ses proches d’une parure qui n’est pas celle de la religion.

Le sens change-t-il pour une femme mariée, une célibataire ou une femme enceinte ?

Le recueil distingue l’homme et la femme, et parle souvent de la femme et de son mari : bonté du mari, amour qu’il ne montre pas, mort du mari pour les pieds. Il ne donne pas de sens propre à la célibataire ni à la femme enceinte.

Le recueil parle-t-il du henné dans les cheveux ou du henné noir ?

Pour les cheveux, oui : les teindre sans la barbe, c’est garder le secret de son supérieur, et les teindre avec la barbe, c’est cacher sa pauvreté (tome 1, page 155). Le recueil ne parle pas de la couleur du henné, ni du henné noir.

Sources

  • Muntakhab al-kalâm fî tafsîr al-ahlâm, recueil attribué à Muhammad ibn Sirin, chapitre 22, tome 1, pages 155, 157, 161, 162 et 175 (texte arabe, édition Shamela, corpus OpenITI).
  • Même recueil, chapitre 44, tome 2, page 233 ; chapitre 58, tome 2, pages 347, 361 et 377.
  • Sahih Muslim, n° 2263, pour les trois sortes de rêves.
  • Traductions françaises : tafsir-a7lem.com.