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Rêver de descendre en islam

الهبوط في المنام

En islam, descendre en rêve dépend de ce que représentait la montée. Le recueil attribué à Ibn Sirin pose la règle : toute descente est un abaissement. Si la montée était un souci, descendre est un soulagement. Si la montée était une fonction, descendre est la destitution. Descendre d’une hauteur peut aussi annoncer une affaire qui n’aboutit pas, ou un souci.

وكل هبوط ضعة وكل طلوع يدل على هم فنزوله فرج وكل صعود يدل على ولاية فنزوله عزلDans le recueil d’Ibn Sirin : « Toute descente est un abaissement. Toute montée qui signifie un souci, sa descente est un soulagement. Toute montée qui signifie une fonction, sa descente est une destitution. »
Muntakhab al-kalâm, chapitre 39, tome 2, page 66

Cette phrase se trouve dans le passage du recueil consacré aux montagnes. Elle sert de clé pour presque tous les rêves de descente : on regarde d’abord ce que la montée aurait signifié, puis on prend le sens inverse. Le lieu où l’on arrive compte aussi, surtout pour le malade et le voyageur.

Le sens selon ce que vous avez vu

Le recueil n’a pas de chapitre propre à la descente. Les cas sont dispersés dans les passages sur la montagne, l’escalier, le ciel, le pont et les montures. Les voici, avec leur référence.

Dans votre rêveLe sens dans le recueil
Vous descendez d’une colline, d’un palais ou d’une montagneL’affaire que vous cherchez se défait et n’aboutit pas.t. 2, p. 67
Vous descendez d’un lieu élevéUn souci et une tristesse vous atteignent.t. 2, p. 71
Vous descendez une montagneAu chapitre des contraires, c’est un soulagement. Selon un autre avis, un changement de situation et des ressources qui deviennent difficiles. (autre avis cité dans le recueil)t. 2, p. 308
Vous descendez un colLe col est une peine et une dureté. Le texte ajoute : « s’il en descend, il est sauvé ». Le pronom arabe est masculin et peut aussi renvoyer à la montagne, dont parle tout le passage.t. 2, p. 66
Vous redescendez du ciel après y être montéL’humiliation après la puissance. Selon un autre avis, les bienfaits de ce monde avec une autorité dans la religion. (autre avis cité dans le recueil)t. 2, p. 308
Vous montez au ciel sans échelle, l’atteignez, puis revenez sur terreMonter au ciel sans échelle ni moyen, c’est une grande peur venant du souverain et une entreprise risquée. L’atteindre, c’est atteindre le terme de l’affaire. Revenir sur terre, c’est être sauvé de ce dans quoi vous étiez entré. Pour un malade, le mal atteint son comble, ses proches désespèrent de lui, puis il est sauvé, si Allah le veut, sauf s’il descend dans un puits ou une fosse sans en ressortir : c’est alors sa tombe.t. 2, p. 11
Vous descendez un escalierLe voyageur revient de voyage, le chef quitte sa fonction, le cavalier va à pied. Pour un malade, tout dépend du lieu où il descend : un lieu connu ou sa famille annonce la guérison. Un lieu inconnu, un désert ou des morts qu’il connaissait annoncent au contraire la fin de sa vie. Si c’est sa femme qui est malade, elle meurt. La fiche sur l’escalier détaille ces cas.t. 2, p. 92
Voyageur, vous descendez d’un pontSi vous arrivez sur un lieu fertile, de la paille, de l’orge ou des dattes, un profit et de l’argent. Si vous arrivez sur une terre ou dans une mosquée, vous atteignez le but de votre voyage : le hajj, le combat ou la garde des frontières. Si un lion, de la boue, la sécheresse, des figues, du raisin noir, une eau qui coupe la route ou un torrent vous accueillent, il n’y a rien de bon dans tout ce que vous rencontrez en voyage ou à votre retour chez les vôtres.t. 2, p. 126
Vous descendez dans la merVous persistez dans les fautes.t. 2, p. 168
Vous descendez d’un noyerÊtre sur un noyer, c’est s’attacher à un homme important. En descendre : ce qui vous lie à cet homme ne s’accomplit pas.t. 2, p. 201
Vous descendez d’un âne en pensant y remonterVous dépensez votre argent jusqu’au bout. Si vous descendez pour un besoin en pensant remonter, l’affaire que vous cherchez ne s’accomplit pas.t. 2, p. 414
Des anges descendent du ciel vers la terreS’ils ont leur apparence, c’est un signe pour les gens de la vérité, l’humiliation des gens du faux et la victoire des combattants. La fiche sur les anges donne les autres cas.t. 1, p. 64

Avant d’interpréter votre rêve

Tous les rêves ne s’interprètent pas. Le Prophète ﷺ distinguait la vision pieuse, qui vient d’Allah, le rêve qui attriste, qui vient de Satan, et ce que l’on se dit à soi-même pendant la journée (Sahih Muslim, n° 2263). Seule la première se lit avec un recueil comme celui d’Ibn Sirin. Voir les trois sortes de rêves, et si votre rêve vous a fait peur, ce qu’il faut faire après un mauvais rêve.

Questions fréquentes

Est-ce mauvais de rêver de descendre en islam ?

Pas toujours. Le recueil dit que toute descente est un abaissement, mais le sens dépend de la montée. Si monter signifiait un souci, descendre est un soulagement. Si monter signifiait une fonction, descendre est une destitution.

Que signifie rêver de descendre une montagne ?

Le recueil donne deux lectures. Au chapitre des contraires, descendre une montagne est un soulagement, et selon un autre avis un changement de situation avec des ressources difficiles. Au chapitre des montagnes, descendre d’une colline ou d’une montagne annonce une affaire qui n’aboutit pas (tome 2, pages 67 et 308).

Que veut dire rêver de descendre un escalier ?

Le voyageur revient, le chef quitte sa fonction et le cavalier va à pied (tome 2, page 92). Pour un malade, le sens dépend du lieu où il arrive : un lieu connu, sa famille ou des biens annoncent la guérison. Un lieu inconnu ou des morts qu’il connaissait annoncent sa mort (tome 2, page 92).

Rêver de descendre du ciel, quel sens ?

Redescendre du ciel après y être monté est l’humiliation après la puissance. Un autre avis y voit les bienfaits de ce monde avec une autorité dans la religion (tome 2, page 308). Celui qui monte au ciel sans échelle, l’atteint puis revient sur terre est sauvé de l’affaire risquée où il était entré (tome 2, page 11).

Le recueil parle-t-il de descendre d’un bus, d’un train ou d’une pente ?

Non. Le recueil ne parle ni de bus, ni de train, ni de pente en tant que telle. Il parle de la descente d’une montagne, d’une colline, d’un col, d’un escalier, d’un pont, d’un arbre et d’une monture comme l’âne.

Sources

  • Muntakhab al-kalâm fî tafsîr al-ahlâm, recueil attribué à Muhammad ibn Sirin, chapitre 3 (tome 1, page 64), chapitre 38 (tome 2, page 11), chapitre 39 (tome 2, pages 66, 67, 71, 92 et 126), chapitre 41 (tome 2, page 168), chapitre 43 (tome 2, page 201), chapitre 53 (tome 2, page 308) et chapitre 59 (tome 2, page 414) (texte arabe, édition Shamela, corpus OpenITI).
  • Traductions françaises : tafsir-a7lem.com.